Je voudrais qu’il y ait une sensation de durée, des traversées de temps, sentir les passages, l’écoulement des matières de temps comme des pulsations, des ondes, des particules mélangées de sons, de corps, de lumières. Des sensations qui nous suivent et qui fondent, qui se recouvrent, superpositions et effacements des motifs, glissements de plans pour détecter les présences plus subtiles, leurs modulations. Retraits, transmissions, disparitions : prendre acte de ce qui s’est passé.
Il y a un jeu de télescopages, d’infiltrations entre des sphères intimes et des sphères collectives qui jouent de l’une à l’autre, dans un flot incessant. C’est le corps en trajet, le corps dans le sens d’une trajectoire : agent de liaison, langage de liaison et d’écart.
— Frank Micheletti, propos recueillis par Frédérique Boutigny, Arsenal de Metz, juin 2008