Avoir vécu quelque chose ne signifie absolument pas en avoir décelé la signification. C’est pourquoi le passé ne m’inspire pas moins d’anxiété que l’avenir.
— Olga Tokarczuk, Maison de jour, maison de nuit
Je voudrais emprunter un cheminement auprès des territoires de l’intime. Établir des récits de corps avec ce que disent nos rêves. Porter le jeu dans cet espace du trouble, de la mutation. Poser la question de la construction de la mémoire. Dessiner des lignes oscillant entre poésie et documents.
Je voudrais aussi confronter ces territoires du particulier à l’économie-monde, ou, comme l’a développé Fernand Braudel, au processus de création de l’inégalité du monde. Quelles ressources critiques peut porter le corps dansant sur la société qui l’entoure ? Peut-il dire les nouvelles et anciennes formes d’exploitation, d’oppression et d’humiliation ? Chercher l’inscription sociale de ce danser / résister. Le monde est constitué d’espaces-temps asymétriques et asynchrones, nous voudrions fabriquer une forme qui dialogue avec lui.
Frank Micheletti, octobre 2001.
32 représentations. Tournée : Bulgarie, France, Espagne, Suisse, Japon, République tchèque, Ukraine, Pologne.