Chroniques de l’oiseau à ressort, de l’auteur japonais Haruki Murakami, est un roman-fleuve qui entraîne ses personnages dans un parcours initiatique, où l’espace limité de leur quotidien devient le théâtre d’une quête métaphysique : rêves, réminiscences et réalité se confondent. Un oiseau assure le passage entre les deux mondes parallèles, celui du rêve et celui de la réalité, mais l’univers onirique prend peu à peu la consistance du réel et suggère l’irréalité fondamentale du monde, ou tout au moins sa multi-dimension, sa plasticité.
Nous avons retenu de cette envoûtante histoire l’architecture d’un immeuble, ou plus exactement celle d’un bureau. Dénommé Akasaka Design Office dans le livre, nous l’avons appelé Akasaka Research, bureau d’études dont les sujets traversent la question des désirs : sont-ils intérieurs ou plutôt semblables à des paysages étrangers ? Dans ce bureau-chambre et autres extensions possibles, songes, substances, sentiments, souvenirs, hallucinations et réalité jouent une singulière trame d’espace et de temps.
Deux musiciens japonais (violon, voix, champs électroniques) déploient des paysages sonores, explorations de la part d’ombre des choses et des êtres. En face, une femme et un homme confrontés à l’inextricable loi du désir regardent par-dessus leurs épaules le point aveugle qui échappe toujours à nos vues. Moteur obscur qui régit nos émotions, Sorrow Love Song est une géopoétique-fiction amoureuse de nos tournoiements.
37 représentations. Tournée : France, Allemagne, Suisse, Inde, Belgique, Croatie, Mexique.