Il faut avoir les pupilles acérées, l’ouïe prête au mix des sonorités et la tête bien en alerte pour suivre Tanin no kao. La clé de « respiration » de cette partition à six voix s’appelle le temps : un temps pour apprivoiser l’action et le mouvement, interférences entre les disciplines artistiques, un temps pour suspendre la course du geste et de l’image, et soumettre nos consciences, cette fois, à l’introspection. La mort rapportée d’Arunumun Sivansapu n’aurait pu être qu’un simple verset de plus à la grand-messe du 20 h, la conclusion logique d’une bêtise sans nom, d’une politique désespérante.
Or, elle nous a « scotchés » avec violence et durablement, car enfin, c’est le visage de l’autre, celui qui nous est « vital pour vivre », qui disparaît du miroir et nous laisse seuls face à nous-mêmes. L’équation est là, contrebande, contrefaçon, contrepoison ; si tu approches le coton du feu, il s’enflamme.
Kubilai Khan Investigations, Toulon, décembre 2000.
30 représentations. Tournée : France, Pays-Bas, Brésil, Allemagne, Belgique, Autriche, Australie.