Ce poème se tient comme un animal. Son histoire monte, se transvase depuis le corps… hanté. L’arbre ne se baigne jamais deux fois dans le même vent. Cette expérience du même et de la différence nous renvoie à nos perceptions du monde, et à celle des mondes coexistants et de nos capacités à faire varier l’intensité du réel. Cette modulation se faisant alors art de transmissions, et de transitions.
Inconsolidations des mondes. Se tenir sur la crête. Il est nécessaire de se rêver. Your Ghost Is Not Enough fait de la place, n’assigne pas l’énergie de l’incommensurable. Cette pièce est habitée par l’excès, par l’énergie périlleuse, par l’être en chantier. Dans l’écoute des intervalles, de l’écart, de celui que nous avons à nous-mêmes, à notre division, notre vulnérabilité. Une forme de vie rétive à la domestication. Archaïsme. Ce poème se tient comme un animal, aux aguets.
L’œil opère hors du contact, de l’intérieur du monde comme une pointe noire.