Black Belt recrache une encre magique qui révèle les zones troubles et agitées du vivant. Cette pièce est une plongée, ressemble à un poème agité d’une passion pour les formes vivantes et évolutives. Cette exploration provoque une inspiration multiforme, véhémente à sa racine et sereine à son épanouissement.
Black Belt porte la ruse d’un être qui s’est multiplié pour s’éprouver et tord le cou à bien des idées reçues sur le réel africain. L’impulsion des matières côtoie la possibilité de féconder une utopie active, ce que Felwine Sarr nomme Afrotopia. Ici, « l’Afrique n’a personne à rattraper », et tout indique qu’il faut questionner le mythe du développement et le positivisme scientifique qui projette une vision occidentale sur les sociétés africaines comme unique moyen pour les décrire.
Black Belt reconnaît que nos imaginaires, africains autant qu’européens, restent imprégnés par l’histoire et le capitalisme. Suivant « une construction mentale », cet héritage postcolonial continue à véhiculer une société des éblouissements. Nous sommes bombardés en continu par ses machines à éblouissement qui colonisent nos inconscients. Nous ne voyons plus que ses écrans capitalistes nous « tuent les yeux » en nous faisant voir le monde autrement qu’il n’est. Cette machine à lumière coloniale opère comme une sorcellerie.
Black Belt est une affaire de trajet, de circulation et de transfiguration ; cette pièce rêve d’héritages qui n’ont aussi rien à voir avec des histoires de naissance. En de certaines circonstances, elle s’apparente à l’Ode maritime de Pessoa et ajuste un goût du dépaysement et de l’excès, une ivresse de l’esprit qui intoxique la conscience de soi et ouvre une voix tumultueuse et débridée.
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