Kubilai Khan Investigations s’est ouvert à de nombreuses collaborations en dehors du champ chorégraphique. Présences parallèles regroupe des duos qui s’intéressent aux approches transversales. Le romancier Charles Robinson et le chorégraphe Frank Micheletti ont créé ensemble deux duos, The Spleen en 2017 et No More Spleen en 2020, qui ont chacun tourné sur plusieurs saisons. Charles Robinson nous en parle.
« En 2016, je rencontre Frank Micheletti à l’initiative du festival Concordan(s)e, qui chaque année crée des duos entre un·e chorégraphe et un·e écrivain·e. De nos longues conversations enflammées surgit une première décision : nous ne voulons pas être tristes. Alors pour entrelacer nos arts – la danse et l’écriture –, nous fabriquons des fantaisies. Des formes délurées, libérées des formats et des conventions, gracieuses par accident, un peu audacieuses pour chacun de nous, car nous nous y essayons à des disciplines qui ne sont pas les nôtres : Frank teste l’écriture, le poème minimal, le chant hypnotique, Charles passe de sa sciatique d’écrivain aux virevoltes et au saut de biche.
Notre première création, The Spleen, raconte nos intoxications et imagine que, dans les usines comme dans les corps, une insurrection mène la lutte contre les dominations en sabotant les systèmes, en y provoquant des ruptures et des failles, afin de laisser émerger des énergies et des possibles que nous nommons : sauvage, enfance, santé, joie, comique, magique, cosmique. Comme autant de tentatives de libérations.
En 2020, notre seconde création, No More Spleen, prend un tour plus intime. Nous nous connaissons mieux. Nous risquons au plateau davantage de nos failles personnelles, de nos doutes, en tournant autour d’un motif : le vertige. Nous laissons émerger des figures qui nous hantent et la pièce propose de petits aveux.
Ces deux créations ont été l’occasion de pas mal d’aventures, de rencontres et d’échanges. Nous les avons jouées sur scène, sous une tente, avec des voiturettes électriques et des élévateurs, devant un lac, dans une forêt, dans une quarantaine de villes et dans quatre pays différents. En turbulence. »
Charles Robinson