Pourquoi je joue du tam-tam ? Pour forcer vos barrages.
— Henri Michaux
Une rencontre électrisante : celle des danseurs de Kubilai Khan Investigations et d’un groupe de rock. Cette entrevue à l’énergie débordante nous immerge au plus près des trajectoires et fluidités qui rythment nos existences. Addictifs, excitants, parfois nocifs, quoi de plus enivrant que ces jeux de flux auxquels nous nous livrons chaque jour ? Plongés au cœur de la vie et de la ville, nous nous engouffrons dans des trajets, dans des mobilités physiques et affectives qui nous embarquent sans que nous y prenions garde.
Volt(s) Face mesure la tension dynamique d’un présent électrique et regarde l’étrange odyssée de la vitesse industrielle et technologique, l’odyssée du capitalisme mondialisant à toute vitesse. Les vitesses sont multiples ; vitesses d’évasion, de réaction, de transmission, parfois minimales, parfois excessives jusqu’au vertige, jusqu’aux points d’abîme, comme des cendres volantes.
Même si la terre semble bien en place sous nos pieds, on peut aisément entrevoir les failles. S’ouvre alors une brèche où nous pouvons percevoir les dislocations non seulement comme des destructions, mais aussi comme une mise en liberté des lieux, une mise au dehors qui agit comme amplitude, traversée et avancée. Une expérience à bords perdus pour essayer de quitter le quadrillage. Volt(s) Face résiste à l’usure du monde et fabrique un lexique irrégulier qui écoute la rime et la vie. Et tant pis si c’est pour presque rien. Peut-être juste un côtoiement.