J’espère que je me trompe, mais toutes les données scientifiques indiquent que j’ai raison. Je pense que nous sommes foutus.
— Stephen Emmott, Dix milliards
Bien sûr, les choses tournent mal est la première pièce d’un diptyque qui s’intéresse aux différentes transformations qui agissent sur notre présent. La deuxième s’appelle Something Is Wrong et donne son nom à l’ensemble.
Demain est-il déjà quelque part ? Où se trouve-t-il alors ? Où sommes-nous ? Où en sommes-nous ? Sur quelles fictions vivons-nous ? Demain est déjà maintenant et nous ne sommes déjà pas certains de notre maintenant. Quel rapport existe-t-il entre un essai de prospective qui prédit l’effondrement de la civilisation occidentale en 2090 et le monde tel qu’il court aujourd’hui ? Aucun. Si ce n’est de s’amuser à se laisser surprendre, se laisser affecter par l’enchevêtrement dense des mondes multiples et des différentes temporalités qui nous entourent.
Bien sûr, les choses tournent mal regarde la place démesurée que le capitalisme est venu prendre dans nos vies. Dans ce monde, tout ce qui est profitable doit avoir lieu. Règle d’une clarté expéditive. Notre recherche propose non pas un territoire à explorer mais une mise en désordre à opérer. Le chaos agit comme une entaille, une fissure qui ruine nos constructions ordonnées.
Les dérives climatiques bordent le spectacle, porté par une équipe venue du Mexique, du Mozambique, de Singapour et d’Europe : un corps collectif non idéologique pour aborder un langage poétique, transformationnel, inédit. Entre engagement et dégagement, entre matière et esprit, entre fiction et document, amorcer une poétique sensorielle qui brise nos carapaces.
- Le plateau pose un rapport inédit
- Nous n’avons aucun compte à rendre
- Hausser le ton, hausser le son
- Tous les danseurs sont musiciens
- Suivre les différentes matières du temps
- Occuper ce qui nous occupe
- La nuance est toujours à situer dans ce qui nous échappe