Aujourd’hui, tout devient toujours plus rapide. L’expérience majeure de la modernité est, selon le sociologue allemand Hartmut Rosa, celle de l’accélération. Ce phénomène s’immisce dans toutes les sphères, aussi bien intimes que collectives, et déstabilise le devenir de l’individu et son rapport au monde. Face à cette compression du présent, à la réduction des ressources temporelles, nous avons parfois le sentiment de nous retrouver sur des pentes qui s’éboulent, de courir aussi vite que possible sans pour autant avancer.
Sommes-nous, par ces nouvelles poussées accélératrices, à un point de rupture ? Cette odyssée de la vitesse est-elle arrivée à une limite ? Quelles sont les configurations à venir ?
En ces temps de changements permanents qui conduisent la société dans une éternelle « éphémérité », Tiger Tiger Burning Bright porte un regard sur la vie des villes et leurs chantiers. Ici, les vitesses sont des fils conducteurs : vitesses d’évasion, de transmission, vitesses limites ou minimales, vertiges et virtuosités, tout autant que points d’abîme. Entre plaisirs cinétiques, phénomènes d’immobilisation, de pétrification, d’hyperexcitabilité et construction de nouvelles aspirations, cette pièce questionne la place de nos corps, de nos consciences et de nos désirs dans le tissu social et urbain.