Il y a des édifices qui soutiennent un certain usage du monde. Prenons par exemple le parking. Les pneus crissent et font remonter une interrogation : pourquoi acceptons-nous de vivre selon des principes d’ordre alors que tout porte à croire que nous pouvons faire différemment ? Il ne s’agit pas de formuler des constats à propos du temps présent. Juste entrapercevoir des fissures dans la façon dont les évidences ont constitué leurs places. Le titre nous met littéralement en garde contre les démons qui voyagent dans nos têtes.
Dans l’observation des manières et des matières dont nous bougeons, cette forme sonde les enveloppes technologiques, logistiques ou managériales qui montent à l’assaut de nos corps. De la prise de tête à la prise de corps et vice versa… Les danseurs déploient des variations d’isolations corporelles associées à des jeux de rythmes, une gamme de contractions musculaires rapides qui produisent d’étonnants effets visuels. Une gestuelle appartenant au répertoire du popping, qui trouve ici un autre contexte que celui des battles : les vagues, slides et glides, le pop, l’isolation et les angles se prêtent à un jeu plus troublé.
Cette forme est née dans un parking mais peut se révéler dans tout autre espace brut, intérieur comme extérieur, y compris sur scène. À chaque fois, une tierce personne entre en cours de jeu : un·e invité·e surprise, artiste rencontré·e en amont pour s’insérer dans la forme avec le duo. Une intuition nous rappelle de préférer des spirales imprévisibles au lieu de flux sous contrôle.
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