Jeter c’est oublier, ramasser c’est songer.
— Chant vaudou
Depuis le début, nos rencontres sont conçues comme un comptoir d’échanges artistiques. Le plateau comme lieu de transactions qui provoquent les interrelations de nos pratiques. Sur le plateau se côtoient les arts de la piste, la danse, les musiques et les nouvelles technologies. Quelles ententes, mésententes ces espaces du croisement, ces pratiques échangées pourront-ils produire ?
Ce projet est impliqué dans des distances, dans des géographies, dans des itinérances et des événements migratoires. Il y a parmi nous des artistes japonais et tchèques ; ensemble, nous nous penchons sur les nombreux temps passés hors de nos frontières : pays d’Europe de l’Est, désert du Sinaï, Amérique latine, Caraïbes, Japon. Regard sur l’emmêlement du monde, processus inarrêtable qui mêle les matières du monde.
Il n’y aura pas de rencontre sans manifestation d’altérité, sans espace du différend. La danse est l’approche de nos inconnus, une pente qui descend vers les plaisirs des premières fois, vers le vertige de l’ailleurs. Danser, c’est vouloir que l’espace et le temps soient une invention.
« Soy » en langue dogon signifie à la fois « étoffe, tissu » et « c’est la parole ». Être là à l’endroit de ces intersections, au point de contact où nos corps se rencontrent pour développer de nouvelles potentialités.
Kubilai Khan Investigations, Toulon, novembre 1998. Ce spectacle est dédié à Laurent Letourneur.
85 représentations. Tournée : France, Allemagne, Slovénie, Finlande, Islande, Espagne, Suisse, Norvège, République tchèque, Italie, Éthiopie, Burundi, Tanzanie, Namibie, Madagascar, La Réunion, Mozambique, Afrique du Sud, Île Maurice, Suède, Bulgarie.